Culture d’algues à Nador : Une pratique écologique qui favorise le développement durable

Journalinfo
Au niveau de la lagune de Marchica, dans la province de Nador, se développe une expérience pionnière de culture d’algues marines, notamment d’algues rouges, dans le cadre d’un projet environnemental visant à exploiter les ressources marines de manière innovante et durable.

 

Considéré comme le premier du genre en Afrique, ce projet, mené par la Coopérative de pêche traditionnelle de Marchica, reflète une nouvelle approche de diversification de l’économie maritime à travers l’exploitation du potentiel environnemental de la région et sa transformation en une source de revenus et de développement local.

 

La culture d’algues est un secteur prometteur tant sur le plan économique que pour la préservation de l’équilibre écologique : Grâce à ses spécificités uniques, cette activité est devenue une option intéressante pour contribuer à l’approvisionnement en matières premières utilisées dans divers domaines, de la cosmétique aux industries pharmaceutiques et alimentaires.

 

Cette culture comprend plusieurs étapes qui commencent par la sélection tout d’abord par les aquaculteurs des plantules qu’ils vont ensuite positionner sur des filières dans l’eau, leur permettant de pousser dans un environnement naturel sans avoir besoin d’interventions industrielles. Après des semaines de surveillance, les algues sont récoltées manuellement pour préserver leur qualité, avant d’être lavées et séchées selon des normes précises qui assurent la préservation de leurs propriétés naturelles.

 

Dans la lagune de Marchica, le projet ne s’est pas limité à l’intégration des pêcheurs, mais a ouvert la voie à d’autres catégories, y compris les femmes, pour participer aux différentes étapes de la production, faisant de la Coopérative de pêche traditionnelle un exemple à suivre pour créer de nouvelles opportunités d’emploi et renforcer le rôle de l’économie solidaire dans la réalisation du développement local.

 

Lancé il y a des années maintenant, cet ambitieux projet s’est imposé comme un modèle de développement innovant, et ce grâce aux efforts des parties concernées qui misent sur son expansion tout en mettant l’accent sur l’amélioration des techniques de production et sur le renforcement de sa compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux.

 

A ce propos, le président de la Coopérative de pêche traditionnelle de Marchica, Mimoun Bouhcine, a souligné dans une déclaration à la MAP que ce projet représente une expérience significative et importante ayant le mérite d’établir un nouveau modèle de travail maritime pour les professionnels locaux.

 

Il a expliqué que la Coopérative, fondée en 2013 avec un groupe de 74 marins, a accordé une grande importance à la coordination avec ses adhérents ainsi qu’à la formation pour assurer le succès du projet, affirmant que le soutien reçu du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) en 2014 a favorisé le lancement du projet «Ferme d’algues», une étape fondamentale vers l’expansion de la culture d’algues dans la lagune.

 

Selon M. Bouhcine, la Coopérative a entrepris en 2015 sa première expérience de culture d’algues sur une superficie d’un hectare et demi avant de passer, dans une seconde phase du projet, à 5 hectares, soit un saut qualitatif en termes d’expansion et de développement de l’activité avec une production de 23 tonnes d’algues, tandis que la troisième phase, au cours de laquelle une superficie de 11 hectares a été exploitée, a permis de porter la production à 57 tonnes d’algues.

 

Il a par ailleurs fait remarquer que malgré les défis climatiques résultant notamment du manque de précipitations ces dernières années, le projet a maintenu un bon taux de production, avec un total estimé en 2024 à 30 tonnes d’algues, qui sont envoyées vers des unités industrielles à Kénitra.

 

Et d’ajouter que les algues cultivées dans la lagune de Marchica sont de haute qualité, ce qui en fait une matière première d’une valeur économique importante, notant que les algues, qui peuvent être utilisées pour un large éventail d’applications (cosmétique, industrie alimentaire et pharmaceutique,…) sont très sollicitées au niveau des marchés national et international.

 

S’agissant des perspectives du projet, il a indiqué que la coopérative a pu établir un partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, devant permettre la construction d’une unité de stockage et de valorisation de son produit d’algues, en plus du soutien apporté par d’autres parties pour développer les méthodes et moyens de travail, assurant que ces interventions vont aider à augmenter le nombre de bénéficiaires du projet et d’améliorer leurs revenus.

 

De son côté, Jaouad Fertitcho, membre de la coopérative, a considéré que le projet de la ferme d’algues est une riche expérience et une opportunité économique importante pour lui comme pour de nombreux jeunes et pêcheurs, surtout à la lumière de la régression des activités de pêche traditionnelle.

 

Et de poursuivre que le projet a beaucoup changé la vie de nombreux jeunes de la région, et les a encouragé à s’engager dans l’aquaculture, compte tenu de ses perspectives prometteuses et de son potentiel de développement.

 

L’expérience menée par la coopérative de Marchica a prouvé que la culture d’algues n’est pas seulement une activité économique, mais plutôt une vision d’avenir avec un grand potentiel d’expansion et de croissance à même de renforcer la position du Maroc dans le domaine de l’aquaculture.

 

Outre sa dimension économique, la culture des algues joue un rôle important dans la préservation de l’écosystème de la lagune de Marchica, d’autant qu’il contribue à améliorer la qualité de l’eau et à renforcer l’équilibre biologique au sein de l’écosystème marin, en sus du fait que l’utilisation de techniques de production durables fait de cette activité un modèle d’économie bleue respectueuse des ressources naturelles.

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