Le scrutin, souvent considéré comme un baromètre des humeurs nationales, a cette fois sonné comme un séisme politique. La victoire du Rassemblement National en France et les scores historiques de l’AfD en Allemagne et de la Fratelli d’Italia confirment une droitisation du paysage, portée par des thèmes anxieux : pouvoir d’achat, contrôle des frontières, et critique des régulations « bruxelloises ».
Une nouvelle géométrie des pouvoirs
La majorité technique sortante – l’alliage des conservateurs (PPE), sociaux-démocrates (S&D) et libéraux (Renew) – a perdu sa majorité absolue. Pour faire adopter son programme et être réélue à la tête de la Commission, Ursula von der Leyen devra désormais composer, soit en élargissant sa coalition aux Verts (affaiblis), soit en négociant au cas par cas avec une droite plus souverainiste, au risque de déstabiliser l’équilibre fondateur du projet européen.
Les dossiers brûlants sur la table
Cette nouvelle assemblée devra trancher des questions vitales pour l’avenir de l’Union :
Le « Green Deal » : Un probable ralentissement, voire une renégociation, des objectifs climatiques les plus contraignants pour l’industrie.
La migration : Une pression accrue pour externaliser le contrôle des frontières et durcir les accords de réadmission.
La sécurité et l’Ukraine : Le soutien financier et militaire à Kiev restera, mais pourrait devenir plus conditionné et moins ambitieux, sous l’influence des partis plus proches de Moscou.
Conclusion : L’Europe entre dans une période d’incertitude et de possible paralysie. La capacité des forces traditionnelles à canaliser cette nouvelle donne, sans sacrifier les valeurs fondamentales de l’UE, constituera le test décisif des cinq prochaines années. L’ère du consensus technocratique est révolue.